Les différences entre un taxi et un VTC

Arrivés en 2009 en France, les services de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) entretiennent une lourde concurrence avec les taxis. Si le service peut paraitre similaire, les différences entre VTC et taxis sont importantes, tant pour les clients que pour les chauffeurs.

Panneau de zone spéciale pour taxis à Paris

Une zone spéciale pour taxis à Paris (Simone Ramella / CC-by)

Ce qui change pour les clients

Actuellement, près de 55 000 taxis sont recensés en France dont près de 20 000 à Paris. Fin 2013, 6500 entreprises de VTC se partageaient le territoire français, avec une flotte de plus de 12 000 véhicules.

Les VTC ne prennent leur client que sur commande

Pour le client, la différence entre un taxi et un VTC va apparaitre dès la commande.

Il y a deux moyens de réserver un taxi :

  • À la volée, c’est-à-dire en interpellant un taxi libre qui circule dans la ville ou à une borne d’arrêt. Généralement, ces bornes d’arrêt ou stations de taxis se trouvent sur ou à proximité de grandes places.
  • Par réservation, en passant soit par une centrale téléphonique soit par la ligne directe du chauffeur.

Bien que très nombreux en France, les Taxis ne sont pas si faciles à trouver à la volée. Le temps d’attente peut parfois être assez long suivant l’heure et l’affluence sur la route.

Les VTC ne sont pas autorisés à prendre des clients à la volée. Ils ne fonctionnent qu’à la commande, que ce soit par Internet, par téléphone et plus généralement par des applications mobiles. La plupart des applications mobiles disposent d’un service de géolocalisation.

Ainsi via son smartphone ou sa tablette, le client peut trouver le véhicule libre le plus proche de lui. LE chauffeur décide alors d’accepter ou non la course.

Un tarif fixe contre un prix de course aléatoire

Autre différence notable pour le client : le tarif et le règlement de la course.

Dans un taxi, la course se paye au compteur, en fonction du temps passé dans le véhicule et du nombre de kilomètres parcourus. En général, le compteur est déclenché à partir du moment où le chauffeur se rend vers son client. Les tarifs horaires et kilométriques, ainsi que les majorations sont fixés chaque année par arrêté préfectoral. 3 ou 4 grilles de tarifs peuvent être appliquées.1

Ces tarifs sont fixés par arrêté préfectoral, publié au cours du mois de janvier, pour chaque département. Il existe plusieurs grilles de tarifs (A, B, C, et D) définies en fonction de l’horaire, des zones et des conditions de circulation

Sauf quelques exceptions, les services de VTC proposent un tarif fixe. Ainsi au moment de la commande, le client définit son trajet, et un montant est calculé pour la course. S’il est validé, le montant sera celui de la course, quels que soient les aléas du trajet (embouteillage, travaux, déviations...). Suivant les sociétés, différentes formules peuvent être proposées2.

Une différence de qualité ?

À leur arrivée en 2009, les VTC jouaient beaucoup sur leur image de luxe. Les voitures sont propres et d’un certain standing, différentes options sont proposées (tablettes tactiles à disposition, musique, rafraichissements), les chauffeurs sont en costume et serviables (ouverture de portière, aide des passagers à rentrer leurs bagages, politesse...).

À contrario, les chauffeurs taxis français souffrent d’une image très mitigée3. Qualifiés souvent de malpolis, les taxis parisiens figurent ainsi à la 17e place mondiale du classement annuel établi par le site Hotels.com.4

En moyenne plus cher que les taxis, les VTC font payer leur client au moment de la course ou à la commande, par simple virement bancaire (via leur application mobile). Les taxis restent eux sur un mode paiement classique, après la course et en espèces sauf si le véhicule est équipé pour accepter les cartes bancaires.

Enfin, il est possible de noter directement la prestation de son chauffeur VTC, via l’application, de plus celui-ci étant bien identifié à la commande. Dans un taxi pour toute réclamation ou plainte vis-à-vis d’un chauffeur, il faut relever le numéro du véhicule et s’adresser à la préfecture de police.

Au final, les sociétés de véhicules de tourisme avec chauffeurs semblent plus attractives que les taxis classiques5. Forcés de s’adapter, certains taxis commencent à adopter de nouveaux modes de fonctionnement, similaires à ceux des VTC (commande par application mobile, géolocalisation, services supplémentaires...)6.

Ce qui change pour les chauffeurs

Plus anciennes, les lois et règlementations qui régissent les sociétés de taxi sont beaucoup plus fermes que celles liées aux sociétés de VTC.

Plus de difficultés pour devenir chauffeur de taxi

Les chauffeurs de VTC sont généralement des auto-entrepreneurs, travaillant à leur compte, pour une ou plusieurs sociétés.

La profession de chauffeur de VTC est liée aux véhicules qui doivent correspondre à certaines caractéristiques légales (plus de 120 chevaux ; moins de 6 ans ; confort intérieur ; etc.). Le chauffeur VTC doit également suivre une formation professionnelle et être titulaire d’une carte professionnelle délivrée par la préfecture.

Enfin, l’exploitant de VTC doit être immatriculé sur le registre géré par Atout France. Cette immatriculation, renouvelable tous les 3 ans, coûte aux environs de 150 euros.

Les conditions pour être chauffeurs de taxi sont beaucoup plus strictes.

Il existe différents statuts de chauffeurs de taxi8 :

  • les artisans ;
  • les salariés ou sociétaires de coopérative ;
  • les locataires.

La profession de chauffeur de taxi est strictement règlementée9. Le chauffeur doit ainsi passer un examen, le Certificat de capacité. Cet examen permet au chauffeur d’obtenir sa carte professionnelle.

Le chauffeur de taxi doit également être titulaire d’une autorisation de stationnement ou être locataire ou salarié d’un propriétaire ou un employeur qui en est titulaire. Cette autorisation de stationnement correspond en fait à la licence de taxi10.

La véritable difficulté pour devenir chauffer de taxi est liée à cette licence qui ne peut être obtenue que de deux façons :

  • gratuitement auprès de mairie de la commune où l’activité sera exercée, mais dans ce cas le délai d’attente peut varier de 1 an à plus de 15 ans ;
  • en l’achetant auprès d’un titulaire qui souhaite cesser son activité. À noter que le coût moyen d’une licence est de 50 000 euros pour les petites communes et de 200 000 pour les plus grosses villes11.

Un numérus clausus limite le nombre de licences en circulation.

Les droits et devoirs des chauffeurs

Les chauffeurs de taxi ont le droit de prendre les voies de bus et de stationner sur la voie publique. Ce n’est pas le cas des VTC.

Les droits et devoirs des chauffeurs de taxi vis-à-vis des clients12 peuvent varier suivant les communes. D’une manière générale, les taxis n’ont pas le droit de refuser une course, sauf :

  • si le client se trouve à moins de 50 m d’une station de taxis ;
  • si un taxi libre est à proximité ;
  • en fin de service si la course éloigne le véhicule de son garage ;
  • si le client est ivre ou sous l’emprise de stupéfiant ou susceptible de détériorer le véhicule ;
  • s’il est accompagné d’un animal (sauf les chiens d’aveugle) ;
  • ou encore si les bagages sont trop importants.

Pour les VTC, la course étant nécessairement commandée à l’avance et les chauffeurs choisissant eux-mêmes leurs courses, seule l’attitude du client serait susceptible d’entrainer un refus de la part du chauffeur : réservation incorrecte (sur le nombre de personnes à transporter par rapport à la taille du véhicule commandé par exemple), état d’ébriété du client, etc.

La guerre des Taxis contre les VTC

Depuis leur arrivée en 2009, les véhicules de tourisme avec chauffeur entretiennent une concurrence féroce avec les sociétés de taxis. Entre grèves, manifestations et saisies de la justice, les deux services se livrent une guerre sans merci.

Juges et arbitres du conflit, les pouvoirs publics ont ainsi institué de nouvelles règles pour les deux professions.

Fin décembre 2013, un décret publié au Journal Officiel13 obligeait les chauffeurs de VTC à attendre au moins 15 minutes entre le moment de la réservation et la prise en charge du client. L’exécution de ce décret a été suspendue par le Conseil d’État, le 5 février, suscitant une nouvelle vague de colère du côté des taxis.

Le 10 février, Thomas Thévenoud, député de Saône-et-Loire, est nommé médiateur par le gouvernement pour résoudre ce conflit. Dans la foulée et afin de stopper le mouvement de grève des taxis, le gouvernement a décidé de geler les nouvelles immatriculations de VTC, jusqu'à la fin des concertations14.

En avril 2014, la fédération française du transport de personne sur réservation (FFTPR) est créée par les sociétés de VTC. Prônant « le développement des VTC en parallèle de l’offre taxi », la fédération émet 8 propositions15 pour « renforcer les mesures qui protègent le consommateur » et ainsi sortir de cette crise :

  • le dégel immédiat par Atout France des immatriculations pour créer des emplois ;
  • la création d’une commission de discipline pour les chauffeurs VTC ;
  • la création d’une licence pour les opérateurs VTC sur le modèle anglais avec Assurance RC d’une couverture minimale de 5 millions d’euros ;
  • l’obligation de prendre la Carte bleue pour tous les VTC ;
  • le renforcement des contrôles sur les voitures VTC : contrôle technique tous les 6 mois + assurance transport de personnes obligatoire ;
  • le changement de la loi sur les voitures autorisé à faire du VTC : il faut autoriser les modèles en fonction de critères autres que la puissance afin de pouvoir utiliser des voitures écologiques ;
  • l’autorisation pour les VTC d’utiliser les « couloirs bus » librement lorsqu’ils sont en charge ;
  • la création d’un délit de racolage passif aux aéroports pour éviter le démarchage dans les files d’attente de taxis.

De leur côté, les syndicats de taxis demandent à ce qu'un montant de course minimum de 90 euros soit imposé aux VTC.

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